Réflexologie et Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA)

Aujourd'hui, je vais vous raconter ma rencontre avec Tom*.


C’est sa grand-mère, en accord avec sa maman, qui m’a contactée, fin novembre 2021 : à trois ans et demi, son petit-fils ne parle pas, il a toujours l’air d’être dans la lune, il s’est construit des routines immuables pour se déplacer dans la maison et dans le jardin et il y a aussi, souvent, les crises de colère.


Car Tom souffre d’un TSA (Trouble du spectre de l’autisme).


La famille est chamboulée, naturellement, d’autant que malheureusement, en raison de difficultés liées à la crise sanitaire, il n’a pas encore pu bénéficier d’une prise en charge adaptée, si ce n’est un suivi avec un orthophoniste.


Et puis il y a sa sœur aînée, d’un an de plus que lui, qui joue son rôle de grande sœur attentionnée malgré son tout jeune âge.


Alors, la réflexologie, ne serait-ce que pour apaiser l’un et l’autre, pourquoi pas ?


C’est dans ce contexte que je suis intervenue sur les deux enfants.


La première séance


Nous avons décidé que je me déplace à domicile afin d’éviter de confronter Tom à un nouvel environnement, outre qu’il allait déjà me rencontrer…


J’avais pris soin de ne pas mettre de parfum et de porter des vêtements aux couleurs assez neutres.


En outre, ma venue avait été préparée à l’avance, on lui avait expliqué qu’une dame allait venir lui masser les pieds. Il aime bien qu’on lui masse les pieds.


A mon arrivée, il était installé dans le canapé. Une fois n’est pas coutume, j’ai ôté mon masque – montrer un visage entier me semblait approprié – et me suis accroupie face à lui pour me présenter. Sans effet.


Après un long entretien, tant avec la maman qu’avec la grand-mère, il m’est apparu évident qu’un travail sur l’apaisement et l’ancrage était primordial.


Je décidais donc de travailler les zones du système nerveux, des organes des sens et le couple estomac-rate. Une petite séance d’une vingtaine de minutes et un toucher adapté à un enfant de cet âge.


Ça, c’est la théorie…


En général, lorsque j’interviens sur de jeunes enfants, j’invite les parents à lire un petit livre avec eux, histoire de les occuper – sans bouger – le temps de la séance. Avec Tom, les livres, ça ne fonctionne pas.


Donc, en pratique, après qu’il a accepté que je lui enlève ses chaussettes, ça a été, en gros, deux fois 3 minutes de toucher réflexologique et 40 minutes à tenter de finir la séance sur le lit de maman… sur le lit de sa sœur… retour sur le canapé... Tom était trop agité. Pas grave, je me suis dit que l’on ferait mieux la prochaine fois.


La séance sur sa sœur s’est, au contraire, déroulée au mieux, comme toutes les suivantes, trop heureuse que l’on s’occupe exclusivement d’elle, je pense.


Les séances suivantes


Lors de mon arrivée pour la deuxième séance, une semaine après, Tom était assis dans un fauteuil et regardait des comptines animées. Lorsque je me suis accroupie pour lui dire bonjour, il a souri, sans vraiment me regarder, mais quand même, pour ma part, petit kif intérieur!


Nous sommes restés là, il était calme dans ce fauteuil avec les comptines. Moi, je m’adapte, je m’assieds par terre, s’il le faut.


C’est ainsi que nous avons pu faire environ les trois-quarts de la séance prévue, avant que Tom ne se désintéresse de tout cela et parte dans sa chambre.


Pour les séances suivantes, réalisées à une semaine d’intervalle, nous avons donc décidé d’instaurer une sorte de rituel avec les comptines animées. Et cela a très bien fonctionné puisque dès le troisième rendez-vous, j’ai pu réaliser les séances sur Tom dans leur intégralité.


Fin 2021, Tom et sa sœur ont déménagés à l’étranger. Mon suivi s’est donc arrêté.


Néanmoins, dès la troisième séance, son entourage a ressenti une amélioration au quotidien: le petit garçon était plus « présent », il y avait moins voire pas de crises.


Au lendemain de la Journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme, ce partage d’expérience me semblait important.


Le Trouble du Spectre de l’Autisme


Selon l’OMS, une personne sur 160 dans le monde présenterait un trouble du spectre autistique.


L’autisme est un trouble du développement d’origine neurologique. Il se manifeste principalement par une altération des interactions sociales et de la communication et par des intérêts restreints et répétitifs.


Si l’on rencontre encore la terminologie « TED » - Troubles Envahissants du Développement, qui catégorisait différents types d’autisme, cette classification a désormais été remplacée par le Trouble du spectre de l’autisme (TSA) afin d’intégrer toute la diversité des cas rencontrés.


Les principaux symptômes de l’autisme sont :

  • des troubles du langage et de la communication

  • des difficultés relationnelles

  • un comportement et des gestes répétitifs


* le prénom a été changé



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